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DONNEES ECONOMIQUES
Septembre 2007
L'économie des grands pays industrialisés a ralenti nettement au cours du deuxième trimestre 2007, sauf aux Etats-Unis qui ont corrigé une mauvaise performance au premier trimestre.
Les grands pays "émergents" (Asie, Chine, Inde…) continuent de tirer la croissance mondiale.
Les graves difficultés du secteur du crédit immobilier aux Etats-Unis, qui ont provoqué une crise financière s'étendant à l'Europe, devraient entraîner un affaiblissement de l'activité économique au second semestre.
Au deuxième trimestre, on a noté aux USA une reprise des investissements, une amélioration de la situation du commerce extérieur, mais un ralentissement de la consommation des ménages.
Le Japon a connu un deuxième trimestre très faible : nouveau recul des prix en négatif en glissement annuel, recul des exportations, des investissements, des mises en chantier de logement. Malgré un taux de chômage au plus bas, la consommation des ménages reste peu dynamique.
La contraction de l'activité a été nette également en zone euro (+0,3% contre +0,7% le trimestre précédent) : l'investissement est en recul mais les exportations se tiennent bien, ainsi que les dépenses des ménages.
Ces tendances sont celles que l'on trouve en Allemagne (0,3%) où l'on a noté également la faiblesse de la construction, le ralentissement de la baisse du chômage et la détérioration du moral de l'ensemble des acteurs économiques.
En France, on attribue la faible activité du deuxième trimestre à l'attentisme qui a prévalu en période de campagne électorale présidentielle, mais cela n'explique pas tout : recul de la production industrielle, stabilisation du taux de chômage, aggravation du déficit commercial (-3 Mds d'euros sur un seul mois en juin).
PERPECTIVES SUR LES TAUX POUR LE MOIS A VENIR
La crise financière en cours remet en cause les anticipations de taux précédentes.
La banque centrale américaine a abaissé de 0,50% son taux d'escompte, qui n'est pas considéré comme son principal taux directeur (celui ci étant le taux dit "fed-funds", toujours fixé à 5,25%), mais est le taux auquel les banques peuvent emprunter auprès d'elle. Elle a voulu ainsi montrer qu'elle faisait son devoir en offrant la possibilité aux banques en manque de liquidités de se refinancer à coût moindre.
La majorité des opérateurs pense que le taux "fed-funds" sera abaissé mi-septembre lors de la prochaine réunion.
Oubliant les craintes d'inflation, ceci donnerait un nouveau signal positif aux marchés financiers alors que par ailleurs la croissance américaine est en sensible repli (autour de 2% seulement en 2007 contre entre 3 et 4% les années précédentes).
La Banque Centrale Européenne avait laissé entendre qu'elle allait remonter son principal taux directeur. La crise financière l'a obligée à réviser ses perspectives : le 6 septembre 2007 elle a laissé ses taux inchangés.
Les conséquences de la situation nouvelle issue de cette crise, qui risquent de conduire à un certain ralentissement de l'économie, guideront l'attitude de la banque centrale. Le plus probable est que les taux restent stables à 4% dans les mois à venir.
L'évolution des taux longs est en ce moment dominée par les conséquences, sur les marchés de taux, de la crise financière en cours. En effet, les obligations d'Etat jouent le rôle de "valeur refuge", ce qui pousse les taux à la baisse.
Ainsi aux Etats-Unis, d'un point haut à 5,30% pour l'emprunt d'Etat à 10 ans mi-juin, on est passé à 4,5% aujourd'hui.
De même, en France, d'un point haut de 4,70% début juillet, on retombe à 4,30% aujourd'hui.
Cette baisse pourrait partiellement se corriger dans les semaines qui viennent par un mouvement en sens inverse, au fur et à mesure que la crise en cours se résorbera.
Jean-François Juste
Directeur Financier
BANQUE MARTIN MAUREL
(achevé de rédiger le 6 septembre 2007)
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